En fait, les pitinenfants que j'ai rencontrés à Cugnaux
avaient bien pigé qu'on prenait mes planches en photo pour faire les livres. Donc, ça, c’était chouette, je n’ai pas eu à patauger dans
des métaphores foireuses pour leur expliquer que nan, appuyer très fort sur mes
illustrations pour les faire rentrer dans le livre, ça marche pas. Gain de temps phénoménal. La rencontre était super bien préparée, merci la bibliothécaire, merci les maîtresses.
(Par contre, j'avais vu juste concernant les "cékoikécollé": j’ai eu ma dose puissance 10.)
Allez, pour les fondu(e)s d’anecdotes pitinenfantesques (merci pour tous vos commentaires!), voici
quelques perles:
-1-
Pitinenfant demande :
"Quelles sont les personnes qui t'aident pour ton
travail?"
Moi:
"Ben, personne, chuis seule comme les pierres dans mon
atelier. Certes, mon éditrice m'aide en me demandant parfois des corrections,
mais au final, je suis quand même toute seule à faire mon travail. »*
(*bon ok, j’ai 2-3 pitinenfants chinois dans ma cave
qui cousent les pages de mes livres, mais c’est tout…. ;) t'en sais kekchose, hein, Bonbon ?!!)
Et là, un pitinenfant blondinet assis à côté de moi ajoute:
"Ben oui, mais c'est normal que tu fasses ton travail
toute seule, parce que t'es plus un enfant,
t'es un peu + qu'adolescente."
Roooh. à peine +, mon joli, à peine.
-2-
Pitinenfant demande :
"Qu’est-ce que tu préfères ? Lire, écrire,
dessiner, ou découper ?"
Moi :
"C’est tout ce que j’ai comme option ? J’ai pas
droit au patinage artistique ?!
Naaaaaan je
rigole."
En fait, j’essaye de faire
l’andouille pour que l’annonce que j’ai à leur faire passe un peu mieux.
Je me lance :
"Moi j’aime pas lire. Je préfère regarder les
images."
Les pitinenfants s’arrêtent de respirer et lancent un regard
affolé vers la maîtresse qui rigole.
Sentant le malaise qui s’installe, j’enchaîne illico :
"Mais, quand j’étais au CP, j’adooooooooooooorais
lire. Je lisais énoOOormément. Je lisais TOUT. Tout l’temps. Rohlàlà qu’est-ce que j’aimais
liiiiiiire."
Les pitinenfants sont rassurés. Ils retrouvent le sourire et
font un grand Aaaaah de soulagement.
En conclusion à tout ça, une pitinenfant me demande :
"Tu as une très bonne mémoire, alors ?"
Sans me démonter, je lui réponds :
"Oui, je me souviens par cœur de toute la bibliothèque
verte (et la rose aussi), c’est pour ça que maintenant, je ne lis plus."
Rassurés qu’ils étaient les pitinenfants.
Ra-ssu-rés, jvous dis.
-3-
Je raconte souvent que j’adore travailler avec de la récup’.
Je leur explique que je récupère les emballages en carton,
les ptits bouts de cageot, les chutes de tissus, de papiers.
Ça leur parle ça, aux pitinenfants, parce que eux aussi, ils
ont tendance à collectionner tout un tas de petits merdiers comme s’il
s’agissait de merveilleux trésors.
Genre, quand j’ai fini mes découpages, ils se battent pour
mes chutes de cartoline et me demandent en brandissant un confetti: "tu vas le jeter, ça ? je
peux le garder ?"
Donc, ce jour-là, un pitinenfant, timide mais hyper
attentif, attend que la rencontre se termine et que toute la classe se dirige
vers la sortie pour venir me voir discréto et me dire à l’oreille :
"Moi aussi je récupère des trucs."
Il insiste bien sur le mot "récupère", pour me
montrer qu’on est pote. Et qu’il a tout compris.
Je lui dis :
"Ah oui, et qu’est-ce que tu récupères,
toi ?"
"Des bouchons en liège."
"Wahou. C’est super. Et tu en as fait quoi ?"
Le pitinenfant, tout sourire, au comble de la connivence, me
répond :
"Des choses."
Rah. Y'a pas à tortiller. C’est beau.